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Dossier film : Le Fantôme de l’Opéra

Oct 21, 2026

Le Fantôme de l’Opéra, Alexandre Castignetti (2026) ©SND

Nous avons rencontré Nicolas Bolduc, directeur de la photographie, Clovis Weil, chef décorateur, Joseph de Laâge, chef opérateur son et Thibaut Damade, chef monteur pour parler de leur travail sur le film Le Fantôme de l’Opéra d’Alexandre Castagnetti. Ils nous ont partagé leur experience de tournage et expliqué les décisions techniques et artistiques prises pour accompagner la vision du réalisateur. Le film sort ce mercredi 28 octobre 2026.

Donner corps au Fantôme : entretien avec Nicolas Bolduc, directeur de la photographie du Fantôme de l’Opéra d’Alexandre Castagnetti

Montréalais formé au Canada, Nicolas Bolduc s’est imposé ces dernières années comme l’un des directeurs de la photographie les plus sollicités du cinéma français. Après The North Water, le diptyque Les Trois Mousquetaires, puis Le Comte de Monte-Cristo, le chef opérateur renoue avec le film en costumes pour les besoins du Fantôme de l’Opéra qui arrivera en salles le 28 octobre 2026. Un projet ambitieux qui a toutefois nécessité souplesse et adaptabilité.

En quoi ont consisté vos discussions préalables avec le réalisateur Alexandre Castagnetti ?
N. B. : Nous n’avons jamais parlé des autres adaptations du Fantôme de l’Opéra. Que ce soit Phantom of The Paradise de Brian de Palma ou les versions des années 1950, nous ne sommes jamais allés par là.

La référence centrale d’Alex était Perfect Blue, le film d’animation de Satoshi Kon : non pas pour son esthétique visuelle, mais pour son ton, son étrangeté, et ce personnage à la double identité dont on ne sait jamais si elle ment, si elle délire ou si elle invente sa propre réalité. Cet univers trouble, ambigu, c’est ce qu’il voulait explorer. Nos échanges ont donc porté davantage sur des références thématiques que visuelles. De mon côté, j’ai proposé une méthode de travail plus souple que ce à quoi Alex était habitué : pas de découpage rigide, pas de shot list figée, mais deux caméras simultanées, beaucoup d’improvisation, une caméra fluide et mobile qui suit les acteurs plutôt qu’elle ne les enferme dans un cadre. Chaque matinée commençait par réévaluer ce qu’on voulait faire, en vérifiant si les intentions de la veille tenaient encore. Trouver des références visuelles s’est avéré difficile, parce que nous voulions quelque chose de très coloré – et c’est rare au cinéma. On peut citer Mandy de Panos Cosmatos ou d’autres films qui éclaboussent de couleurs, mais souvent de façon gratuite, sans que cela soit ancré dans le récit. Le scénario d’Alex, lui, le permettait pleinement : un univers opératique un peu éclaté, où la frontière entre réel et imaginaire reste poreuse. La fin du film – un ballet de quinze minutes – m’a offert l’espace pour quelque chose d’hyper coloré, presque comme un dessin animé. Alex a embrassé ça immédiatement : la couleur était une intention, pas un effet.

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Construire le monde du Fantôme : Entretien avec Clovis Weil, chef décorateur du film Le Fantôme de l’Opéra d’Alexandre Castagnetti

Pour un chef décorateur, il y a deux façons d’aborder Le Fantôme de l’Opéra : comme une incroyable opportunité de libérer sa créativité ou comme un carcan, véritable cauchemar logistique. Pour le chef décorateur Clovis Weil, c’est clairement la première option. Il nous explique en quoi.

En quoi ont consisté vos discussions sur le film avec le réalisateur ?
C. W. : Deux sujets majeurs ont d’emblée structuré nos échanges autour du décor. Le premier était le lac souterrain. Très rapidement, il est apparu comme une évidence qu’il faudrait le construire en studio. Nous avons bien cherché, par acquit de conscience, s’il existait quelque part un décor naturel susceptible de convenir – sans que personne n’y croie vraiment. Mais les raisons qui ont conduit toutes les versions précédentes du Fantôme de l’Opéra à opter pour un décor de studio s’imposaient également à nous.

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Entre acoustique naturelle, playbacks, costumes de danse et décors réverbérants, Le Fantôme de l’Opéra a imposé à Joseph de Laâge un travail de précision. Le chef opérateur son revient sur un tournage où chaque choix technique devait anticiper les contraintes du montage et du mixage.

Entre acoustique naturelle, playbacks, costumes de danse et décors réverbérants, Le Fantôme de l’Opéra a imposé à Joseph de Laâge un travail de précision. L’ingénieur du son revient sur un tournage où chaque choix technique devait anticiper les contraintes du montage et du mixage. 

Tourner au Palais Garnier, un monument historique aux volumes considérables et à l’acoustique très marquée, pose forcément des défis particuliers. Comment avez-vous abordé la prise de son dans ce lieu ?

Joseph de Laâge : Dans les niches – c’est-à-dire dans les balcons privés où nous avons tourné – l’acoustique est très particulière : on a l’impression d’être dans un studio d’enregistrement. Ces espaces sont entièrement recouverts de tissu, ce qui les rend complètement mats, parfois même un peu trop mats d’un point de vue acoustique. En prise de son, cette matité nous aide plutôt.

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Musicalement vôtre : entretien avec Thibaut Damade, chef monteur du Fantôme de l’Opéra

Chef monteur sur Le Fantôme de l’Opéra, Thibaut Damade revient sur une collaboration entamée en 2014 avec Alexandre Castagnetti, un travail mené en parallèle du tournage et un film dont la dimension musicale a profondément orienté le montage. 

Quelle a été votre méthode de travail sur ce film ?
Thibaut Damade : J’ai monté au fur et à mesure, en intervenant assez tôt, en parallèle du tournage. Dans ce cas-là, et comme je ne monte pas dans l’ordre du scénario, je demande à Alexandre par quoi il souhaite que je commence, s’il y a une séquence plus compliquée qu’une autre. Pour ma part, j’aime bien commencer par une séquence difficile, pour comprendre la mécanique, le découpage, la manière dont le film va fonctionner. L’objectif était d’aboutir à un premier montage au moment où le tournage serait terminé.

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L’intégralité du dossier sur le film Ilan Ferry dans La Lettre n°194 est accessible aux membres de la CST.

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