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Le premier film-annonce inclusif
Lors des présentations de line-up du Marché du Film Classique, la société cinématographique Lyre a projeté le film annonce du Terroriste de Gianfranco De Bosio en deux versions : l’une classique, originale italien sous-titrée français et l’autre dans une version totalement inédite : sous-titrée malentendant et audio-décrite.
Chez les exploitants, comme chez les distributeurs, une question revient régulièrement comme un boomerang : pourquoi investir le champ de l’accessibilité sensorielle alors qu’il n’y a pas le public ? Proposer des séances sous-titrées sourds et malentendants peut être mal perçu du public non empêché. Mettre à disposition des boîtiers pour l’audiodescription ne sert à rien, personne ne les demande. Pourtant, rendre les œuvres accessibles est un moyen puissant de reconquête de nouveaux publics, en plus d’être une obligation inscrite dans la loi.
Certains résistent, d’autres ont, au contraire, décidé de prendre les devants. Des professionnels pour qui la question ne se pose pas, tant les chiffres parlent d’eux-mêmes : environ 11 % de la population française reconnaît avoir une déficience auditive et deux millions de Français sont atteints de troubles de la vision. Des distributeurs et des exploitants ont tout simplement retourné le problème, en répondant par la communication, soit envers les associations, soit directement à l’attention du public. Beaucoup d’initiatives existent : la création d’événements (un débat après le film, avec traduction en langues des signes français), de séances exceptionnelles (comme le dispositif du réseau Ciné Relax), la communication via les réseaux sociaux des séances SME et des films avec une version audio-décrite.
Petit à petit, le public empêché trouve le chemin des salles obscures et la réalisation d’un film-annonce en version accessible est une nouvelle étape vers l’inclusion de tous les publics dans les cinémas. Le FA est l’élément de communication le plus important car non seulement il est vu dans les salles par les spectateurs les plus cinéphiles mais circule sur les sites, les réseaux sociaux, etc. et constitue avec l’affiche l’argument de vente principal d’un film. Présenter un FA sous-titré SME et audio-décrit afin de communiquer sur l’accessibilité de l’œuvre, semble une idée simple et évidente et qui pourtant n’avait jamais été faite jusqu’à maintenant…
Dans l’intégralité de l’article de Mathieu Guetta dans La Lettre n°189, retrouvez :
- Comment naît une idée ?
- La conception du FA s’est faite avec le monteur

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