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La prise de vue sous-marine : évolutions technologiques et innovations optiques

Avr 10, 2026

La prise de vue sous-marine est l’un des défis les plus complexes de la cinématographie contemporaine. Elle exige une maîtrise singulière qui allie innovation technologique, compréhension physique de l’environnement aquatique et exigences esthétiques du cinéma. Cet article, rédigé par Pierre Brunon à partir de son mémoire pour l’ENS Louis-Lumière, retrace les grands enjeux de cette discipline en constante évolution, de ses débuts jusqu’aux innovations les plus récentes qui révolutionnent la liberté créative des cinéastes.

Histoire de la prise de vue sous-marine

Fin XIXe, le cinéma est incapable de filmer sous l’eau. Les premiers cinéastes comme Georges Méliès utilisent des effets pratiques en studio comme des aquariums placés devant la caméra, des décors peints et des effets optiques pour simuler les mondes des profondeurs, comme pour le film Visite sous-marine du Maine en 1898. Ces dispositifs permettent de montrer poissons, bulles et mouvements d’eau, mais cantonnent la représentation des mondes marins aux œuvres de fiction.

Le tournage des premières vraies images subaquatiques date de 1914, à l’aide du Williamson Tube, une boule d’acier reliée à un bateau par un tube en toile imperméabilisée. Dans les années 30 l’invention de la plongée en scaphandre autonome par Yves Le Prieur et Jacques-Yves Cousteau, ainsi que le développement des lunettes de plongée par Frédéric Dumas, permettent au cameraman d’être dans l’eau avec la caméra, ce qui révolutionne le monde du documentaire. Cousteau et Hans Hass filment en mouvement et viennent à la rencontre des créatures marines et Le Monde du Silence de Jean-Jacques Cousteau remportera la palme d’or du Festival de Cannes en 1956. Les années 60 et 70 sont marquées par la multiplication des séquences de fiction en décor naturel comme dans Les Dents de la Mer de Steven Spielberg. Et l’innovation sera toujours au rendez-vous jusqu’aux années les plus récentes : Pawel Achtel développe pour les besoins d’Avatar 2 : la voie de l’eau, de James Cameron, le système DeepX, un RIG 3D de moins de 30 kg à l’air libre, reposant sur l’usage d’optiques immergeables Nikonos et manipulables par un seul opérateur. Cela permet de filmer de longues scènes en apnée au plus près des comédiens pour obtenir des images de référence pour les équipes VFX, tout en offrant une liberté de mouvement dans l’eau inédite.

Système DeepX créé par Pawel Achte
©Crédit : https://ymcinema.com

Les contraintes physiques et physiologiques de la plongée

Sous l’eau, la pression augmente rapidement avec la profondeur, ce qui impose de respirer de l’air comprimé. La pièce maîtresse de l’équipement du plongeur est le détendeur qui permet de détendre l’air comprimé à la pression ambiante pour qu’il soit respiré plus facilement. Ce matériel introduit des limites de temps, de profondeur et de sécurité (paliers, saturation en azote) et alourdit le cadreur qui doit porter aussi le caisson caméra, ce qui gêne sa mobilité…

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L’intégralité de l’article de La Lettre n°192 rédigé par Pierre Brunon, étudiant à l’ENS Louis Lumière, est accessible aux membres de la CST.

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