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Le bagarreur : entretien avec Lucas Dollfus, coordinateur des cascades sur « Bagarre »
©Lucas Dollfus
Il fallait tout le savoir-faire de Lucas Dollfus, coordinateur de cascades et directeur du Campus Univers Cascade, pour mettre en valeur les combats du bien nommé Bagarre. Une expérience… forcément survoltée !
Comment devient-on cascadeur, puis coordinateur de cascades ?
Lucas Dollfus : Je n’ai pas suivi un parcours classique. Je souhaitais devenir cascadeur depuis l’enfance. À 18 ans, je me suis inscrit dans la seule école de cascade qui existait alors en France, mais j’ai été déçu par l’état d’esprit et la qualité de la formation. Au lieu de suivre une voie traditionnelle, j’ai décidé, avec l’aide de mes parents, de créer ma propre école appelée Campus Univers Cascades, afin de choisir mes intervenants et les disciplines enseignées. Intégrer une école reconnue permet surtout de rencontrer des professionnels du métier, ce qui est une véritable plus-value dans un secteur qui fonctionne énormément par le réseau. Devenir cascadeur est aujourd’hui très complexe car le niveau sur le marché français est excellent ; il faut faire preuve de persévérance et posséder de nombreuses cordes à son arc.
Concernant mon passage à la coordination, cela s’est fait grâce aux réseaux sociaux : l’acteur Nassim Lyes et le réalisateur Julien Royal, respectivement acteur principal et réalisateur de Bagarre m’ont repéré grâce aux vidéos de chorégraphies que je publiais sur Instagram. Ce tremplin s’est présenté il y a environ six ans. Avant cela, j’étais cascadeur – notamment sur John Wick 4 – sous la direction d’un coordinateur. C’est l’accumulation de ces expériences et de ces opportunités qui mène à ce type de poste.
Pouvez-vous nous en dire plus sur le cursus du Campus Univers Cascades et sur ce que vous y enseignez ?
L. D. : Le Campus, situé au Cateau-Cambrésis dans les Hauts-de-France, est spécialisé dans la cascade physique, c’est-à-dire tout ce qu’il est possible de réaliser avec le corps humain. La formation dure 800 heures réparties sur deux ans. Nous fonctionnons sous forme d’internat avec des stages hyper intensifs de deux semaines chacun, à raison d’au moins huit heures d’entraînement par jour. L’objectif est de former des cascadeurs modernes et d’une polyvalence absolue : combat, acrobatie, parkour, chutes de hauteur, torche humaine, percussion par un véhicule, escrime, descente en rappel, comédie corporelle, etc.
Comment sélectionnez-vous vos élèves et comment se déroule leur insertion professionnelle ?
L. D. : Nous limitons l’accès à 90 élèves par stage et il y a aujourd’hui jusqu’à deux ans d’attente. Je ne promets jamais rien à l’inscription. La sélection s’opère lors d’un « stage découverte » où nous ne retenons qu’une poignée de candidats. Nous évaluons l’assimilation technique, mais avant tout l’état d’esprit : je veux des jeunes polis, bienveillants et rigoureux. Un talent doté d’un ego surdimensionné ne m’intéresse pas, car dans ce métier, on engage d’abord les professionnels avec qui l’on a envie de travailler…
L’intégralité de l’interview menée par Ilan Ferry dans La Lettre n°193, est accessible aux membres de la CST.
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